A Chacun Ses Gouts Dissertation

== Pour la compréhension du sujet, vers le problème:

== Peut-on dire: "à chacun son goût"?
Ce qui est posé c'est le problème de l'universalisation du jugement esthétique: c'est beau. Quand je dis "c'est beau", j'en appelle à une espèce de sens commun qui fait que chaque être humain peut exercer sa liberté devant une oeuvre belle, dans le jeu de sa sensibilité et de son entendement.

Dans un jugement de connaissance l'universalisation se fait par l'intermédiaire du concept: par exemple, c'est une table. C'est donc la raison qui universalise.
Dans le jugement esthétique (c'est beau) c'est l'imagination qui universalise et comme il n'y a pas de règle du beau, cela ne peut  se  prouver.
C'est un peu comme si j'en appelais à l'humanité de chacun ,à une sorte de sens commun.

Vous pouvez utiliser la page surl'ART, en insistant sur le point de vue de l'amateur. 
Voyez aussi le cours sur l'art CLIC sur Art.

=> "Du côté de celui qui juge des oeuvres, on peut aussi noter l'expérience d'un sentiment de liberté. Après tout, je reste libre de trouver belle ou non telle ou telle oeuvre. Comme on dit, on ne discute pas des goûts...." CF.  http://www.philagora.net/dissert2/libert-art.php

== Le bon goût.

"L'admiration pour n'être point vaine et sans objet, doit donc être historique, c'est à dire érudite. Chaque oeuvre est belle dans son milieu et non parce qu'elle rentre dans un des casiers que l'on s'est formé d'une manière plus ou moins arbitraire." Renan, L'avenir de la science.

"Le goût est une aptitude à bien juger des choses de sentiment. Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût." Vauvenargues.

Le bon goût c'est le sentiment de ce qui convient
-dans les relations humaines
- dans les arts
- dans les lettres.

Quelques questions à se poser:

- Le bon goût est-il particulier, propre à chaque société, ou universel propre à tout homme?

- Relève t-il du donné ou de la culture? ("Le bon goût est ordinairement le partage des gens du monde" Condillac (?).)

=> Est-il le fruit de l'expérience ou d'une qualité naturelle? Est-ce une donnée ou une conquête?

=> Est-ce une lucidité de l'esprit ou une intuition du coeur?

=> Le bon goût comme capacité à distinguer les qualités des défauts.

- "Le mauvais goût n'est peut-être que la passion d'orner pour orner." Alain.

Le goût est il éducable?

== Dans le nouveau programme voir les pages sur  l'art et le beau: 
Il s'agit de savoir de savoir si le goût est une donnée ou une conquête.

En effet si le goût est une conquête il peut être éduqué dans la mesure où on enseignera comme l'acquérir dans telle ou telle société.

On peut le définir comme le sentiment de ce qu'il convient. Or un sentiment semble bien être donné et non pas le fruit d'une réflexion. Pourtant cette aptitude à discerner dans des oeuvres et dans ses oeuvres des qualités et des défauts exige un jugement sain. Mais un jugement c'est quelque chose de l'ordre de la culture, il y a des règles et elles s'apprennent.

Pourquoi pas pour le goût au sens de cette possibilité d'apprécier.
Dans son cours de composition musicale pages 15 et 16 V. Dindy définit à la perfection le goût par rapport au génie et au talent: "Le génie créée. Le talent imite. Le goût apprécie."

Autre difficulté, "Il faut avoir de l'âme pour avoir du goût." Vauvenargues.

== Pour le plan:
- Dans une 1ère partie, vous pourriez dire pour quelle raison il semble que le goût soit de l'ordre de ce qui est donné avec l'âme, avec le moi et que dans ces conditions on l'a ou on ne l'a pas.

La transition fera apparaître le doute sur cette première affirmation. Si le goût était donné à la naissance, on comprendrait mal qu'il puisse par l'exercice, une sorte d'éducation devenir de plus en plus délicat.

- En ce sens Diderot écrit: "Qu'est-ce donc que le goût? Une facilité ACQUISE par des expériences réitérées, à saisir le vrai ou le bon avec la circonstance qui le rend beau, et d'en être promptement et vivement touché." Diderot, Essai sur la peinture.

-Pour la troisième partie, il vous faut une solution au problème ce qui permettra de répondre à la question posée:
Par exemple, le goût est donné comme une possibilité que l'éducation exerce et affine: c'est donc une donnée qui est toujours à conquérir.

J. Llapasset

Par Laurence Hansen-Love, professeur de philo à Paris et auteur du blog www.hansen-love.com.


Le sujet
Peut-on être indifférent à la beauté ?


Introduction


Il est indéniable que la capacité d’apprécier les belles choses, de prendre du plaisir à la contemplation du beau, est l’un des propres de l’homme. Pourtant, certaines personnes, dans certaines circonstances, semblent être indifférentes à la beauté, ou plus exactement à certaines manifestations de la beauté. La question est donc celle-ci : comment cette apparente indifférence à la beauté doit-elle être interprétée ? La capacité d’apprécier les belles choses peut-elle être brouillée, inhibée, suspendue ? Mais ne s’agit-il pas – plutôt que d’une absence de sens esthétique – d’une inversion ou d’une perversion du goût ? Car il est difficile de croire que certains hommes puissent être totalement et définitivement indifférents à toute beauté, à tous les types de beauté.


Plan détaillé


I – Par définition le beau ne peut pas laisser indifférent


Le propre de l’homme est d’être sensible au beau, contrairement aux animaux qui ne sont touchés que par des formes esthétiques liées à la reproduction (exubérance des traits sexuels chez les animaux, comme la queue du paon ou la pince du crabe violoniste).

1) Tout le monde est capable de percevoir la beauté.C’est particulièrement flagrant pour les beautés naturelles. Qui peut dire n’avoir jamais été ému par la splendeur du ciel étoilé, par exemple, ou par la beauté d’un enfant ?

2) Même si, de fait, chacun sait bien que les canons de la beauté varient selon les époques et les cultures (la figure de la belle femme, tantôt opulente, tantôt filiforme).

3) Tous les hommes apprécient la beauté, mais pas toujours selon les mêmes codes.Ce qui donne l’impression, fallacieuse, que certains hommes ne goûtent pas la beauté en général. Les œuvres d’art sont particulièrement tributaires de normes conventionnelles ou de préjugés.

Conclusion. Ne pas confondre la beauté et les manifestations diversifiées de la beauté.


II – De fait, certains hommes se croient indifférents à la beauté


Il est courant d’entendre des arguments relativistes : “À chacun ses goûts” ; “mon goût vaut bien le vôtre”. Et, de fait, il est possible qu’une personne rejette ce que la plupart des hommes jugent beau (comme le Parthénon, le temple d’Angkor, le Pavillon d’or, “la Joconde” ou un opéra de Mozart, par exemple).

1) Beaucoup confondent le beau et l’agréable. Si quelque chose ne nous plaît pas, ou nous laisse indifférent, alors on en conclut (à tort) : “Ce n’est pas beau.”

2) Certains disqualifient le beau au profit de l’utile, ou du plaisant ou du divertissant.“Je suis indifférent au beau” ici signifie en réalité : je préfère ce qui est plus facile et plus accessible à ce que d’autres trouvent “beau” (par exemple, je choisis un film distrayant et joyeux plutôt qu’un film lent et mélancolique, mais “beau” selon les critiques éclairés).

3) Au sein même de l’univers esthétique, certains valorisent le “laid”(l’informe, le difforme, le scandaleux, la violence, le choc, etc.), qu’ils nomment éventuellement “beau”. Il faut alors un certain niveau de culture esthétique pour apprécier des œuvres délibérément arides au premier abord. C’est le cas par exemple de films violents qui agressent délibérément le spectateur (Orange mécanique de Stanley Kubrick).

Conclusion. La diversité des sensibilités esthétiques ne témoigne pas d’une indifférence à la beauté.

III – L’indifférence (apparente ?) au beau s’explique par une défaillance ou une altération du goût


Ce n’est pas parce que le goût est naturel (comme la raison, comme le bon sens) qu’il ne doit pas être éduqué, comme l’explique Rousseau (texte en annexe). S’il n’est pas éduqué, il peut être dévoyé ou étouffé.

1) Le sentiment du beau est subjectif : seul un sujet éprouve du plaisir. Le bon goût ne peut être transmis par qui que ce soit à qui que ce soit ! Le plaisir, en effet, ne peut être imposé ni inculqué, le jugement esthétique ne peut être contraint. S’il l’est, le jugement n’est pas sincère (conformisme).

2) Pourtant le jugement de goût prétend légitimement à l’universalité (Kant).Si quelque chose (un spectacle, une mélodie…) est beau, tout le monde finira par le reconnaître, comme c’est arrivé pour les œuvres des peintres impressionnistes.

3) Pour développer son goût, il faut des conditions(voir les arguments de Rousseau ci-dessous). Il faut pouvoir échapper aux modes comme à toute forme de conformisme esthétique ou culturel. Le goût doit être libre, le jugement de goût ne peut être “suiviste”.

Conclusion.Le goût, qui est naturel, doit être éduqué. Cette éducation concerne la sensibilité. Il ne s’agit pas d’un savoir abstrait, académique ni scolaire (“Le beau est sans concept”, Kant).


Conclusion générale


Le goût est, comme le bon sens, la chose du monde la mieux partagée. Toutefois, il peut être dévoyé par la mode, par le conformisme culturel (la tyrannie de l’opinion), la vanité (“mon goût vaut bien le vôtre”), la sottise (absence de curiosité). La sensibilité s’éduque, tout comme l’intelligence.


Annexe


“Le goût est naturel à tous les hommes, mais ils ne l’ont pas tous en même mesure, il ne se développe pas dans tous au même degré, et, dans tous, il est sujet à s’altérer par diverses causes. La mesure du goût qu’on peut avoir dépend de la sensibilité qu’on a reçue ; sa culture et sa forme dépendent des sociétés où l’on a vécu. Premièrement il faut vivre dans des sociétés nombreuses pour faire beaucoup de comparaisons. Secondement il faut des sociétés d’amusement et d’oisiveté ; car, dans celle d’affaires, on a pour règle, non le plaisir, mais l’intérêt. En troisième lieu il faut des sociétés où l’inégalité ne soit pas trop grande, où la tyrannie de l’opinion soit modérée, et où règne la volupté plus que la vanité ; car dans le cas contraire, la mode étouffe le goût ; et l’on ne cherche plus ce qui plaît, mais ce qui distingue.” Jean-Jacques Rousseau, Émile, livre IV.

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